Breakfast News | 3 juin 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

La guerre commerciale s’intensifie

Sur le front mexicain, jeudi dernier, Trump annonçait un échéancier de sanctions pour inciter le Mexique à prendre des mesures visant à limiter l’émigration aux Etats-Unis. A partir du 10 juin prochain, les importations d’origine mexicaine seront taxées de 5 %, un taux qui sera porté à 25 % en octobre si rien n’est fait côté mexicain. Sur le front chinois, dimanche, les autorités chinoises ont riposté à la dernière attaque du Président américain en augmentant les droits de douane sur 60 milliards d’importations d’origine américaine et en créant une « liste noire » des entreprises américaines considérées comme « non fiables » et donc inscrites dans le viseur de Pékin.

Son effet sur les marchés

Dans l’univers actions, la semaine dernière a été rouge aux Etats-Unis (S&P 500 à -2,62 %) et en Europe (Euro Stoxx 50 à -2,1 % et CAC 40 à -2,05 %). La Chine s’est mieux débrouillée (+1 %). Ce qu’il faut surtout retenir, c’est le report des investisseurs sur les actifs dits refuges, à savoir les obligations des Etats les plus « sûrs ». Par exemple, le rendement allemand à 10 ans est tombé à un plus bas historique (-0,211 %).

L’Italie, plus risquée que la Grèce

L’Italie et la Grèce ne font évidemment pas partie des Etats « sûrs ». L’évolution de leurs taux d’emprunts dépend bien plus de leur santé domestique que de la santé des autres pays. Les taux italiens se sont nettement tendus en fin de semaine, alors que le dossier des « mini-BOT » (titrisation de créances fiscales étatiques en petites coupures) refait surface, ce qui alourdirait la dette du pays pour une utilité contestée. A cela s’ajoute les recommandations de la Commission européenne qui sont attendues dans la semaine concernant la dette italienne. Ainsi, vendredi, en dépassant le taux grec (1,69 %), le taux italien à 5 ans (1,75 %) est devenu le dernier de la classe (européenne).

Première levée européenne en yuan

On les appelle « panda bonds », ces obligations libellées en devise chinoise émises par des émetteurs étrangers sur le marché intérieur chinois. Le Portugal est le premier pays de la zone euro à en émettre, pour 2 milliards de yuans (290 millions d’euros). En Europe, seules la Hongrie et la Pologne ont sauté le pas. Pour le Portugal, l’opération est avant tout politique. Elle marque la bonne qualité de ses relations avec la Chine et rend sa dette un peu plus internationale et donc potentiellement attractive. L’émission a d’ailleurs été un succès, la demande atteignant 3,2 fois le montant offert.

Dans le reste de l’actualité

Les conséquences de deux claques prises au scrutin européen : les démissions de Wauquiez chez LR en France et de Nahles du SPD en Allemagne.
« Cinq ans jour pour jour après avoir abdiqué, l’ex-roi d’Espagne [Juan Carlos a] dit adieu ce dimanche à ses derniers engagements publics » (Le Figaro).

Calendrier macro-économique

09h50 : indice PMI manufacturier de Markit (France)
09h55 : indice PMI manufacturier de Markit (Allemagne)
10h00 : indice PMI manufacturier de Markit (zone euro)
10h30 : indice PMI manufacturier de Markit (Royaume-Uni)
15h45 : indice PMI manufacturier de Markit (Etats-Unis)
16h00 : indice PMI manufacturier de l’ISM (Etats-Unis)