Breakfast News | 30 août 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

L’or des banquiers centraux

Le métal précieux va clôturer un mois d’août exceptionnel, autour de 8 % de hausse de son cours. Depuis le début de l’année, il s’apprécie de près de 20 %. L’or monte rarement artificiellement. De solides fondamentaux poussent les prix à la hausse. Les premiers acheteurs sont les plus grands intervenants sur les marchés au monde : ce sont les banques centrales. Les tensions géopolitiques et commerciales augmentent constamment sous l’ère Trump. Acheter un actif physique leur permet de se couvrir contre le risque lié à leur devise respective. Elles ont également besoin de diversifier leurs réserves de change, jusqu’ici souvent surexposées au dollar américain. Depuis 3 ans, les Etats-Unis se font plus d’ennemis que d’amis : la désensibilisation à leur monnaie en est accentuée !

L’or des autres

Les seconds acheteurs regroupent tous les autres investisseurs. Presque partout dans les pays développés, les taux d’intérêt réels sont négatifs. C’est-à-dire que les emprunts d’Etats, jugés « sans risque », offrent des rendements inférieurs à l’inflation. Pour limiter l’érosion de leur capital, ces investisseurs ont donc un choix à faire entre d’une part prendre plus de risque pour espérer un rendement supérieur et d’autre part thésauriser leur épargne à travers un actif tangible reconnu, ne servant pas de revenus, et monnaie d’échange de tous depuis bien avant la création des marchés financiers : l’or. Rappelons le dernier épisode en date pour son envolée : de mi-2011 à mi-2012 (période de taux d’intérêt réels négatifs).

Le consommateur américain

Ce dimanche 1er septembre entrera en vigueur une énième hausse des tarifs douaniers sur plus d’une centaine de milliards de dollars d’importations américaines en provenance de Chine. Les produits de grande consommation sont en première ligne : beaucoup sont d’origine chinoise car moins chers et donc convoités par les ménages américains. Ces produits offrent de très faibles marges aux producteurs chinois. Il est alors compliqué d’assumer une hausse des coûts (droits de douane) sans la répercuter sur le consommateur final…

Le défaut argentin

En Argentine, la crise ne temporise pas, elle s’aggrave ! Mercredi, le ministre des Finances argentin a demandé au FMI un rééchelonnement de la dette publique, faute de pouvoir satisfaire ses créanciers à temps. Hier, le peso argentin s’enfonçait encore face au dollar américain (-30 % en 20 jours), au plus bas depuis 2005. Aux primaires (politiques) du 11 août dernier, le succès du parti de l’opposition (centre gauche) inquiète pour les élections présidentielles du 27 octobre prochain. Son leader, Fernandez, critique l’action du FMI qui, selon lui, aggrave la situation économique du pays. Les relations avec l’un des principaux créanciers du pays pourraient donc subitement se dégrader.

Dans le reste de l’actualité

« Après Free, Orange envisage aussi de couper le signal de BFMTV » (La Tribune).

Calendrier macro-économique

08h00 : indice des prix des logements (Royaume-Uni)

08h00 : ventes au détail (Allemagne)

08h45 : indice des prix à la consommation (France)

11h00 : indice des prix à la consommation (zone euro)

14h30 : dépenses des ménages (Etats-Unis)

15h45 : indice PMI de Chicago (Etats-Unis)

16h00 : confiance des consommateurs (Etats-Unis)

Breakfast News | 29 août 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

Johnson prend le volant

Le nouveau Premier ministre britannique vient de suspendre le Parlement. Dès la deuxième semaine de septembre et ce jusqu’à mi-octobre, les députés seront écartés de toute décision. Johnson veut se laisser une chance de négocier avec l’UE les mains libres, d’ici l’échéance du 31 octobre, sans avoir à gérer un vote du Parlement pour contrer un « no deal » éventuel. C’est évidemment très risqué de sa part. Il s’expose, avant la suspension effective du Parlement, à un vote de défiance le mettant hors-jeu. Nous verrons comment réagit l’UE dans les prochains jours…

L’emprunt opportuniste

Les Pays-Bas, pays à la gestion budgétaire irréprochable et au ratio de dette publique sur PIB inférieur à 55 %, comptent bien profiter de l’univers de taux historiquement bas. La Haye envisage de lever quelque 50 milliards d’euros sur les marchés pour abonder un fonds destiné à financer des projets d’infrastructures et de recherche. Ce magot permettra également de temporiser un probable trou d’air économique à venir avec l’essoufflement de son premier partenaire commercial – l’Allemagne – et plus généralement avec une conjoncture moins favorable.

Big Brother 2.0

Après le système Skynet, intelligence artificielle (IA) qui surveille faits et gestes de la population chinoise, Pékin réfléchit à un système similaire de crédit social pour les sociétés étrangères implantées sur son territoire. Cette nouvelle IA évaluerait les manquements à quelque 300 normes répertoriées (impôts, qualités produits, relations partenaires, …).

Le pari du Trésor philippin

C’est très marrant et loin d’être idiot : les Philippines travaillent au lancement d’un emprunt obligataire rémunérant ses créanciers sur tirage au sort. A vrai dire, de tels emprunts ont déjà rencontré le succès au Royaume-Uni (les « premium bonds »), en Irlande et en Nouvelle-Zélande notamment. Dans le cas philippin, l’investisseur recevrait des intérêts « classiques » en plus de sa participation à une loterie géante lui permettant de remporter le pactole ! Avec ce drôle de produit d’épargne, le Trésor philippin espère séduire les épargnants locaux pour financer des projets d’infrastructures de transport.

Dans le reste de l’actualité

Bientôt sous l’eau, Jakarta ne sera bientôt plus la capitale de l’Indonésie : Bornéo la remplacera.

La start-up américaine Peloton, reine du vélo 2.0, va faire son entrée au Nasdaq.

Calendrier macro-économique

08h00 : indice des prix à l’import et à l’export (Allemagne)

08h45 : dépenses des ménages (France)

08h45 : croissance du PIB (France)

09h55 : taux de chômage (Allemagne)

11h00 : climat des affaires (zone euro)

11h00 : confiance des consommateurs (zone euro)

14h00 : indice des prix à la consommation (Allemagne)

14h30 : croissance du PIB (Etats-Unis)

14h30 : inscriptions hebdomadaires au chômage (Etats-Unis)

16h00 : promesses de ventes de logements (Etats-Unis)

Breakfast News | 26 août 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

Quel ennui ce G7

Aujourd’hui signe la dernière journée de la 45ème édition du G7, se tenant cette année à Biarritz. Que peut-on d’ores et déjà en conclure ? Trump ne veut pas repartir bredouille : il a annoncé un accord de principe sur la renégociation des relations commerciales américaines avec le Japon. Autrement, chacun des leaders a campé sur ses ambitions nationales, ne laissant apparaître aucune avancée significative sur le commerce, le climat ou encore la croissance. En marge du Sommet, on relève la venue du ministre des Affaires étrangères iranien pour rencontrer son homologue français : comme un souhait de désescalade du conflit avec les Etats-Unis ravivé l’an passé (sortie américaine de l’accord sur le nucléaire iranien)…

Jackson Hole

Vendredi, au symposium annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, le discours de Powell n’a pas donné de nouvelles indications sur la politique monétaire à mener dans les prochains mois. Le Président de la Fed est resté focalisé sur le décryptage des indicateurs jugés de bonne qualité de l’économie américaine. Dans le même temps, les tensions commerciales sino-américaines s’amplifiaient : la Chine annonçait la hausse de tarifs douaniers sur quelque 75 milliards de dollars d’importations américaines.

Amazon dans le commerce indien

L’Inde est un des marchés de la distribution les plus porteurs au monde par sa taille et sa croissance. Pour concurrencer Walmart sur le terrain, Amazon multiplie les prises de participation. Après Shoppers Stop et Aditya Birla, le groupe vient de prendre une part minoritaire dans Future Retail : un distributeur indien exploitant quelque 2 000 points de vente dans plus de 400 villes du pays. Amazon n’a pas encore communiqué dessus. Le montant de l’opération avoisinerait les 100 millions d’euros. Pour renforcer sa présence physique, Amazon vient de lancer son service de livraison de produits frais (Amazon Fresh) dans plusieurs métropoles du pays.

L’UE face à la concurrence mondiale

L’idée de financer le développement de champions nationaux et régionaux, au travers d’un fonds souverain européen de 100 milliards d’euros, fait son chemin à Bruxelles. Les démarches de vigilance envers la concurrence mondiale, surtout chinoise et américaine, se multiplient dans l’UE. Au niveau national, la France dispose déjà d’une Banque publique d’investissement et l’Allemagne réfléchit à concevoir son propre fonds d’investissement national. Pour relativiser quand même sur l’impact d’un tel fonds souverain : il ne représenterait que 3,5 % de la capitalisation boursière cumulée des GAFA. Les Américains peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles.

Dans le reste de l’actualité

La discographie complète de Jean-Jacques Goldman rejoint enfin les plateformes musicales de streaming !

L’américain Hasbro réalise la plus grosse acquisition de son histoire et rachetant le britannico-canadien Entertainment One (producteur de Peppa Pig notamment).

Calendrier macro-économique

Toute la journée : Summer Bank Holiday (Royaume-Uni)

10h00 : climat des affaires (Allemagne)

14h30 : commandes de biens durables (Etats-Unis)

Breakfast News | 22 août 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

Un flop à 30 ans

En Allemagne, l’ensemble de la courbe des taux d’emprunts d’Etat est négative – sous 0 %. Hier, pour la première fois de son histoire, Berlin a levé de la dette à 30 ans à -0,11 %. Seuls 824 millions des 2 milliards d’euros mis sur le marché mercredi ont trouvé preneurs : quel éclair de lucidité de la part des investisseurs ! Le reste sera petit à petit écoulé par la Bundesbank sur le marché secondaire.

Merci les taux bas !

Cette année, l’Etat français économisera 2 milliards d’euros sur la charge de sa dette. Il tablait sur 400 millions d’euros encore en juin. Pour rappel, la France gagne de l’argent à s’endetter : son taux d’emprunt à 10 ans tourne autour de -0,4 %. C’est fabuleux ! Pour boucler le budget, l’exécutif a encore besoin de 1,5 milliard d’économies supplémentaires. Où est Draghi ?

Alibaba à Hong Kong

Selon Reuters, Alibaba aurait reporté sa cotation à la Bourse de Hong Kong à une date ultérieure, moins trouble… Aucune déclaration n’a été faite par sa direction. Il faut dire que l’opération aurait été vue du mauvais œil par Pékin à l’heure des secousses politiques avec l’ex-colonie britannique.

Le Livret A dans le viseur

Le rendement réel des livrets réglementés (Livret A et LDDS) est négatif depuis un moment : l’inflation est supérieure au 0,75 % offert. Pourtant, depuis le début de l’année, les dépôts sur ces placements ont augmenté de 37 % par rapport à la même période en 2018. Leur alimentation provient en partie de l’aversion au risque boursier qui s’est accrue depuis l’épisode du dernier trimestre 2018. Au 1er février 2020, le taux servi par ces livrets devraient tomber à 0,5 %.

Dans le reste de l’actualité

Mésentente entre les studios Marvel (Disney) et Sony : Spider-Man va quitter le Marvel Cinematic Universe.

Calendrier macro-économique

09h15 : indices PMI manufacturier, des services et composite (France)

09h30 : indices PMI manufacturier, des services et composite (Allemagne)

10h00 : indices PMI manufacturier, des services et composite (zone euro)

13h30 : Minutes de la BCE (zone euro)

14h30 : inscriptions hebdomadaires au chômage (Etats-Unis)

15h45 : indices PMI manufacturier, des services et composite (Etats-Unis)

16h00 : confiance des consommateurs (zone euro)

Breakfast News | 21 août 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

Avantage America

Les Etats-Unis poursuivent l’aiguisement de leurs outils pour stimuler la croissance. L’administration américaine évoquait hier, à travers Trump, une réduction des cotisations sociales sur les salaires et un allègement de la taxation des plus-values sur le capital. La pression sur une nouvelle baisse des taux de la Fed reste également évidemment de mise. Par ailleurs, la dérégulation bancaire se poursuit : deux régulateurs américains ont annoncé avoir approuvé une version assouplie de la règle Volcker, adoptée dans le sillage de la crise de 2008 et interdisant aux banques l’activité de trading pour compte propre. Cela redeviendrait donc possible dès début 2020. On prendra le temps d’en reparler.

Le feuilleton politique italien

Au sein de la coalition gouvernementale italienne, les dissensions étaient devenues trop fortes entre Salvini (extrême droite) et Di Maio (populiste de gauche). Hier, Conte (Premier ministre) y a mis officiellement un terme en annonçant sa démission et donc la dissolution du gouvernement. La décision sur la prochaine étape revient à Mattarella (Président de la République) : confier à Conte la mission de former un nouveau gouvernement ou organiser des élections législatives anticipées ? Le premier scénario semble le plus probable. Certains espèrent voir revenir Renzi (2014 – 2016).

Une reprise à la Johnson

Boris Johnson, le nouveau Premier ministre britannique, a fait parvenir hier une lettre à Donald Tusk, le Président du Conseil européen, pour exposer sa vision des négociations autour du Brexit. Il veut mettre la pression sur l’UE et brandit la menace d’un Brexit sans accord : pas sûr que le rapport de force lui soit favorable… Il demande par ailleurs à en finir avec le dispositif du « backstop » à la frontière entre les deux Irlande. Une alternative pertinente ? Non, quand même pas.

Casino prend acte

Pressée par la mise sous procédure de sauvegarde de son holding de contrôle (Rallye), Casino vient de valider la seconde phase de son plan de cession d’actifs. 2 milliards d’euros sont visés. Ils feront suite au quelque 2,5 milliards d’euros, dont 2,1 déjà « signés », de la première phase du plan. Le programme de désendettement du groupe se poursuit donc. Hier, les investisseurs applaudissaient la nouvelle en Bourse : +9,22 % pour l’action Casino.

Dans le reste de l’actualité

L’édition 2019 de vente aux enchères de chevaux purs sangs à Deauville a battu tous ses précédents records : deux chevaux ont dépassé 1,5 million d’euros, le chiffre d’affaires global s’est emballé (+17 %) et le nombre d’invendus a tout juste atteint 24 %.

Calendrier macro-économique

16h00 : ventes de logements existants (Etats-Unis)

16h30 : stocks de pétrole brut (Etats-Unis)

20h00 : Minutes de la Fed (Etats-Unis)

Breakfast News | 20 août 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

L’entrée en récession des Etats-Unis

Deux phénomènes sont historiques. Premièrement, l’expansion économique américaine actuelle est la plus longue de l’histoire du pays. Secondement, la politique expansionniste de la Réserve fédérale américaine est la plus massive jamais entreprise par l’institution. Le premier est d’ailleurs renforcé par le second ! On en arrive à une situation un peu paradoxale : une santé de fer (l’économie américaine) sous haute perfusion (la politique de la Fed). Avec des paramètres aussi extraordinaires, prédire la prochaine récession aux Etats-Unis devient délicate. Heureusement, les plus brillants économistes américains ont réponse à tout : la date de la « fin du monde » est prévue par 72 % d’entre eux sous deux ans (38 % dès 2020 et 34 % en 2021).

Un sursis pour Huawei

Punir Huawei, premier équipementier télécoms et deuxième fabricant de smartphones au monde, revient en partie à punir son écosystème dont des entreprises américaines (ex : Google pour son système d’exploitation et Qualcomm pour ses puces mobiles). L’administration américaine l’a évidemment compris et a déclaré lundi accordé un second sursis de trois mois au sort qu’elle réserve à Huawei… En attendant, le business peut continuer à tourner. Pour rappel, le groupe chinois est accusé d’espionnage au profit de Pékin.

L’envers du décor chez WeWork

Le géant américain du co-working a récemment dévoilé son document d’introduction en Bourse (IPO) pour une première cotation à Wall Street dès septembre. D’une part, le groupe n’est pas rentable. De nos jours, c’est presque un atout à en croire toutes les IPO « à succès » de commerces déficitaires. D’autre part, WeWork a bâti son business sur un niveau de garantie contre les (loyers) impayés très faible. Cela le fragilise grandement en cas de coup dur sur le marché de la location professionnelle.

La Suisse et le Japon en victimes

Ces deux pays sont victimes du succès de leur devise. Le franc suisse et le yen sont considérés comme valeurs refuges en ces temps troublés. Depuis fin avril, ils s’apprécient respectivement de 4 % et 5 % face au dollar américain. Le mouvement est similaire face à l’euro, où elles affichent des plus hauts d’environ 2 ans. Les autorités suisses et japonaises tentent d’endiguer cet attrait car il n’est pas favorable à leur compétitivité mondiale. La Banque nationale suisse (BNS) est déjà probablement intervenue sur les marchés pour compenser un peu – vente de sa devise. Elle pourrait même revoir à la baisse son taux directeur (-0,75 %) pourtant déjà le plus bas au monde ! Du côté du Japon, les marges de manœuvre sont moins importantes, car le pays affiche une moins bonne forme. Quant à ses interventions monétaires, elles sont beaucoup plus surveillées, par les Etats-Unis notamment.

Dans le reste de l’actualité

Cette année, la rentrée scolaire coûte 0,17 % plus cher que l’an passé.

Jennifer Lopez investit dans la fintech Acorns : une application mobile arrondissant chaque achat par CB au dollar supérieur et investissant les centimes supplémentaires pour redistribuer aux utilisateurs.

« A 513,8 milliards de dollars, les dividendes mondiaux battent un nouveau record » (Les Echos).

Calendrier macro-économique

08h00 : prix à la production (Allemagne)

Breakfast News | 19 août 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

Les taux continuent à glisser

La semaine passée a été une nouvelle semaine historique pour les rendements obligataires « peu risqués » (souverains). Les investisseurs poursuivent la désensibilisation de leur poche taux au risque de crédit en préférant les emprunts d’Etats aux emprunts d’entreprises : les spreads de crédit s’élargissent. Le Bund à 10 ans se négocie à -0,71 % et l’OAT de même échéance à -0,43 %. Aux Etats-Unis, le rendement souverain à 2 ans a même dépassé, succinctement, celui à 10 ans (1,54 %). Et ça, ce n’est pas bon signe : cela traduit une crainte sur la future croissance de l’économie américaine.

L’or vaut de l’or

Toujours agités par les rebondissements autour de la guerre commerciale sino-américaine et de la dégradation des indicateurs macro-économiques, les actifs dits « à risque » jouent aux montagnes russes. Pendant ce temps, il y a un actif refuge (hors emprunts d’Etats) qui rencontre enfin un franc succès : l’or. La pente haussière de son cours est fantastique depuis début juin (+17 %) ! Sur les séances d’août, il signe un nouveau record sur 6 ans, juste au-dessus des 1 500 dollars.

Lundi noir argentin

Lundi dernier, au lendemain des primaires présidentielles nationales, le peso argentin et la Bourse de Buenos Aires se sont littéralement effondrés : près de -30 % pour la devise et -40 % pour les actions. Les investisseurs craignent le retour aux manettes du pays du Parti péroniste (Fernandez – Kirchner) favorable à une politique protectionniste. La population argentine se ruent sur les biens de consommation courants pour se protéger d’une inflation exponentielle (environ 60 %).

Prêter pour investir

SoftBank se prépare (sérieusement) à prêter de l’argent à ses propres employés pour qu’ils investissent en retour dans son dernier fonds maison : Vision Fund 2. Le ticket « salariés » et le ticket « groupe » en propre permettraient de détenir plus de la moitié de l’enveloppe d’investissement espérée (autour de 100 milliards de dollars). De même que la version 1 de ce fonds à succès, lancée en 2017, l’objectif est de soutenir des start-up du monde entier.

Dans le reste de l’actualité

« Trump envisage d’acheter le Groenland au Danemark » (Les Echos).

Calendrier macro-économique

11h00 : indice des prix à la consommation (zone euro)

Breakfast News | 19 juillet 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

Les GAFA sur la sellette

Les grands argentiers du G7, réunis à Chantilly, ont trouvé un accord sur la fiscalité des entreprises du numérique et donc sur celle des GAFA. La taxation ne sera plus rapportée à la présence physique sur un territoire, mais aux profits réalisés sur ce dernier. De plus, un taux minimum d’imposition, déjà mis en place aux Etats-Unis par exemple (13,125 %), sera instauré. L’initiative et l’engouement autour de ce projet incombent à la France : bien joué Bruno (Le Maire) !

Netflix ralentit

Le Grand Manitou des vidéos à la demande a essuyé un premier revers au deuxième trimestre 2019. Pour la première fois depuis 7 ans, Netflix a perdu des abonnés aux Etats-Unis (-126 000). Dans le reste du monde, la croissance a été deux fois inférieure aux attentes (+2,8 millions). La hausse des tarifs d’abonnement et la faiblesse de la programmation récente n’ont pas ou peu convaincu de nouveaux abonnés. De plus, la concurrence devrait bientôt s’épaissir avec l’arrivée des plateformes rivales de Disney, Warner-Media et Apple.

Nouvelle amende au crédit de la Commission européenne

Les pratiques anticoncurrentielles de Qualcomm sont une nouvelle fois sanctionnées. La Commission européenne a infligé au fabricant américain de puces pour mobiles une amende de 272 millions d’euros, soit 1,27 % de son chiffre d’affaires. Entre 2009 et 2011, les prix de Qualcomm défiaient toute concurrence. Ils étaient même inférieurs aux coûts de production pour deux clients : Huawei et ZTE.

Une stratégie qui roule

« Nous n’atteindrons pas la rentabilité dans les années à venir » (Tayenthal, patron de N26). Par l’intermédiaire de son patron, la néo-banque berlinoise a fait comprendre à ses investisseurs qu’il ne fallait pas, pour le moment, attendre de retour sur investissement… Pourtant, N26 vient de finaliser une nouvelle levée de fonds (170 millions de dollars), valorisant la néo-banque à 3,5 milliards de dollars. Tout va bien !

Dans le reste de l’actualité

A vos écrans : la saison 3 de la Casa de Papel est sortie !

En France, Toy’R’Us devient PicWicToys.

Aïe aïe aïe : SFR a présenté sa nouvelle box.

Pour cet été, il manque 5 000 maîtres-nageurs : engagez-vous !

Un break estival pour les Breakfast News, rendez-vous le 19 août : bonnes vacances à tous !

Calendrier macro-économique

08h00 : prix à la production (Allemagne)

16h00 : indices Michigan des attentes et de la confiance des consommateurs (Etats-Unis)

Breakfast News | 18 juillet 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

L’emprunt « rhino »

Des écologistes ont émis une souche obligataire de 50 millions de dollars d’une durée de vie de 5 ans. Le remboursement du nominal et le paiement des coupons sont soumis à une condition (très) particulière : la hausse de la population des rhinocéros noirs sur cinq sites au Kenya et en Afrique du Sud. C’est donc un nouveau moyen de financer la conservation… Il ne reste que 2 300 rhinocéros noirs sur le continent. On en comptait 63 000 en 1970.

Au tour d’Amazon

Pas de jaloux, la Commission européenne, emmenée par la commissaire à la concurrence Vestager, ouvre une « enquête approfondie » à l’encontre d’Amazon. Après Apple, Facebook et Google, Bruxelles s’attèle au dossier du géant de l’e-commerce au sujet de sa collecte et son exploitation de données générées par les vendeurs tiers sur sa plateforme.

Un Brexit sans accord

Mardi prochain, le nouveau Premier ministre britannique sera Boris Johnson ou Jeremy Hunt. Depuis le départ de Theresa May fin mai, la perspective d’un Brexit sans accord s’est renforcée. Pour reprendre les dernières déclarations des deux prétendants à sa succession, lors du débat de lundi dernier, le mécanisme du « backstop » entre les deux Irlande est le point de désaccord critique avec l’UE. Résultat, la livre sterling atteignait mardi dernier son plus bas niveau sur 2 ans face au dollar américain.

L’euro populaire

La cote de popularité de la monnaie unique auprès des citoyens de la zone euro est à nouveau proche de son niveau record de 2003. Selon le dernier baromètre semestriel de la Commission européenne, 75 % la plébiscitent. Plus fortes que les élans populistes et protectionnistes de ces dernières années, ce sont avant tout les crises majeures (2008 et 2011) qui impactent la popularité de l’euro. Aujourd’hui, cette dernière est particulièrement sensible à l’emploi : une hausse d’un point de pourcentage du chômage se traduit en moyenne par un repli de 1,3 % du soutien à l’euro.

Dans le reste de l’actualité

Nestlé invente un chocolat sans sucre additionnel.

Les groupes Les Echos-Le Parisien et Canal+ rachètent les chaînes de télévision musicales Mezzo.

Calendrier macro-économique

10h30 : ventes au détail (Royaume-Uni)

14h30 : indice manufacturier de la Fed de Philadelphie (Etats-Unis)

14h30 : inscriptions hebdomadaires au chômage (Etats-Unis)

Breakfast News | 17 juillet 2019

Rédigées par Benjamin Frazer, Conseiller en investissements financiers chez Investeam Wealth

Premiers résultats trimestriels

Ils commencent à tomber aux Etats-Unis. Dans le secteur bancaire, Citigroup, Goldman Sachs et JP Morgan affichent dans l’ensemble des résultats meilleurs qu’attendu (bien que négatifs dans l’absolu pour Goldman Sachs). La résistance des activités traditionnelles de banque de détail a, en moyenne, plus que compensé le ralentissement des activités de banque d’investissement. Pour la seconde moitié de l’année, la pression à la baisse des taux risque de peser sur leurs marges d’intérêt et donc sur leur activité de prêt.

Les taux négatifs se répandent…

… aujourd’hui bien au-delà des seules dettes d’Etats européens. Désormais, près de 500 milliards d’euros de dettes d’entreprises libellées en euros servent un rendement négatif à l’échéance. La tendance est maintenant à la réduction des spreads de crédit – écarts de taux entre emprunts souverains et d’entreprises. En effet, sur le mois de juin, les investisseurs ont orienté leurs achats obligataires « peu risqués » sur des obligations d’entreprises investment grade plutôt que sur des obligations d’Etats.

Nouvelle présidence de la Commission européenne

Hier, le vote du Parlement européen a confirmé le choix effectué début juillet par les chefs d’Etat des 28 : Ursula von der Leyen succède à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. Dans la journée, elle devrait annoncer sa démission au Ministère de la Défense et commencer à préparer son mandat pour une entrée en fonction en novembre prochain.

Again and again

Les mois se suivent et se ressemblent. Encore en juin, les taux et les durées des crédits immobiliers nouvellement souscrits ont atteint des records : en moyenne 1,25 % pour 231 mois (un peu moins de 20 ans). Et ce n’est pas fini… A la mi-juillet, l’Observatoire Crédit Logement/CSA évoque une moyenne de taux de 1,21 % !

Dans le reste de l’actualité

« Paypal lance en Europe son service de transfert d’argent à l’international » (les Echos).

Rugy a présenté sa démission.

Le remake du Roi Lion : c’est aujourd’hui !

Ikea va fermer sa seule usine basée aux Etats-Unis.

Calendrier macro-économique

10h30 : indice des prix à la consommation (Royaume-Uni)

10h30 : prix à la production (Royaume-Uni)

11h00 : indice des prix à la consommation (zone euro)

14h30 : permis de construire (Etats-Unis)

14h30 : mises en chantier (Etats-Unis)

16h30 : stocks de pétrole brut (Etats-Unis)

20h00 : Livre beige de la Fed (Etats-Unis)