Ratio de Sharpe

Mis au point en 1966 par l’Américain William Forsyth Sharpe, le ratio de Sharpe est une des principales mesures de la rentabilité d’un portefeuille d’actifs financiers en fonction du risque pris par l’investisseur.

Ce ratio est le quotient du surplus de rentabilité d’un portefeuille par rapport au taux « sans risque » (appelé prime de risque) divisé par le risque total du portefeuille (mesuré par la volatilité). Il calcule ainsi la performance d’un investissement par rapport à celle d’un placement « sans risque ».

Un ratio négatif signifie que le portefeuille sous-performe le placement « sans risque » et qu’il est donc inutile d’y investir. Un ratio compris entre 0 et 1 signifie que l’excédent de rendement du portefeuille par rapport au taux « sans risque » est plus faible que le risque pris pour l’obtenir. Un ratio supérieur à 1 signifie que le portefeuille surperforme le placement « sans risque » et qu’il est donc opportun d’y investir.

Stock-options

L’objectif principal des stock-options est de fidéliser les salariés et/ou dirigeants de l’entreprise qui les distribue. Cette forme de rémunération variable permet aux bénéficiaires de profiter de l’accroissement de la valeur de l’entreprise qui les emploie.

Plus précisément, les stock-options sont des droits réservés aux salariés leur permettant d’acquérir une action (cotée ou pas) de leur entreprise. Le prix d’exercice, à la date d’attribution de ces droits, peut être avantageux en se situant en-dessous de la « valeur de marché » de l’entreprise, ce qui permet de réaliser un bénéfice à la revente. Dans le cas contraire, l’option d’achat devient sans valeur (out of the money) si elle implique le fait d’acheter plus cher que la valeur de marché.

Les conditions préalables à l’exercice de cette option d’achat sont notamment la présence dans l’entreprise et la durée de détention des droits sur plusieurs années le plus souvent. Les droits résultant des stock-options sont incessibles jusqu’à ce que l’option ait été exercée.

Capital flottant

Le capital flottant d’une entreprise est la part de capital dont les titres financiers sont détenus par des actionnaires en principe non permanents. Ces titres ou actions peuvent être échangés en Bourse. Sont généralement exclues du capital flottant les parts détenues par les associés et les investisseurs institutionnels de long terme qui ne sont pas censés céder leurs titres à court terme.

Le capital flottant représente la partie liquide du capital d’une entreprise. Il a un double intérêt : permettre à l’entreprise de se financer via des augmentations de capital liquides et améliorer la liquidité du capital, ce qui peut rassurer une partie des investisseurs.

Le capital flottant ne constitue jamais la totalité du capital de l’entreprise. Il peut être exprimé en valeur et plus fréquemment en pourcentage de la capitalisation. La capitalisation boursière, regroupant la totalité du capital, est calculée en principe à partir de la valeur de l’action cotée.

Pyramide de Ponzi

Le système pyramidal de Ponzi est une des arnaques financières les plus populaires au monde. Inventée en 1919 par le banquier italien Luigi Zarossi à Montréal, elle a été perfectionnée et amplifiée dans les années 1920 par l’italien Charles Ponzi à Boston.

Le système promet aux investisseurs un taux de rentabilité régulier astronomique sur leur investissement. Or, il est impossible d’atteindre un tel niveau de rendement en investissant sur des actifs réels, même de manière agressive. Pour accomplir cette promesse, par essence intenable, la solution de l’inventeur, forcément frauduleuse, consiste à rémunérer les investisseurs engagés avec l’argent des investisseurs entrants. Ainsi, tant que le flux de nouveaux investisseurs s’intensifie et que personne ne découvre le pot aux roses, le système frauduleux se construit à l’image d’une pyramide dont il tire son nom.

La palme du système de Ponzi le plus complexe revient à Bernard Madoff. L’escroquerie a porté sur 65 milliards de dollars sur plusieurs dizaines d’années. Elle a éclaté en plein vol avec la crise financière de 2008.

Brent et WTI

Parmi les dizaines de références de barils de pétrole dans le monde, les barils Brent et WTI (West Texas Intermediate) sont les plus connus. Ils contiennent tous deux 159 litres, mais se différencient sur cinq points principaux : le lieu d’extraction, le type de raffinage, l’influence internationale, le prix et le lieu d’échange.

Le baril de pétrole WTI, extrait du sol texan, est la référence nord-américaine. Le baril de pétrole Brent, extrait dans la mer du Nord, est la référence européenne, voire internationale. Le raffinage du pétrole brut en définit sa qualité. La teneur en soufre du WTI est de 0,24 %, ce qui lui confère une meilleure qualité que celle du Brent dont la teneur en soufre est de 0,37 %.

Du fait de leurs différences, les cours du WTI et du Brent peuvent différer, mais évoluent généralement à un prix similaire. Certes, le WTI peut être moins cher que le Brent, étant produit et consommé majoritairement aux Etats-Unis, donc moins sensible aux éventuelles tensions géopolitiques en Europe et au Moyen-Orient ; un avantage qui s’annule dans le cas d’une baisse drastique de stock de pétrole aux Etats-Unis. D’un autre côté, le Brent sera moins sensible aux chiffres du marché pétrolier américain et plus adapté au marché mondial du pétrole dans la mesure où un seul pays ne peut influencer de façon conséquente les stocks mondiaux.

Risque de change

Le risque de change est lié à l’incertitude autour de l’évolution d’une devise par rapport à une autre.

Du côté de l’investisseur, il supporte ce risque dès lors qu’il se porte acquéreur d’un actif libellé dans une devise différente de celle où il est établi. Par exemple, si l’on considère qu’il acquiert une action d’une entreprise américaine n’intervenant que sur son marché domestique (national), la performance (le rendement) de l’action est exposée non seulement au risque intrinsèque lié à l’entreprise – le risque valeur – mais aussi à la parité devise (domestique) de l’investisseur / devise (étrangère) de l’action. Dans le cas d’une action d’une multinationale, le risque valeur et le risque de change sont mêlés. En effet, les résultats (et donc l’action) de l’entreprise varient déjà selon ses achats/ventes internationaux (et donc des devises étrangères).

Dans certaines zones monétaires, les pays émergents tels que le Venezuela (bolivar vénézuélien) ou la Turquie (livre turque) notamment, le risque de change peut largement l’emporter sur les risques inhérents aux actifs compte tenu de la très forte volatilité des monnaies de ces pays face aux plus stables (dollar et euro notamment) entretenue par l’instabilité de leurs situations économique et politique.

Il est toujours possible de se protéger contre le risque de change au travers des marchés à terme et des produits dérivés mais cela a un coût.

SPAC

Un SPAC (special purpose acquisition company) est une entreprise sans activité opérationnelle, telle une coquille vide, dont le seul objectif est de s’introduire en Bourse pour lever de l’argent et financer une ou plusieurs acquisitions. Les objectifs et la stratégie du SPAC ne sont pas connus des investisseurs lors de son introduction en Bourse.

Le plus souvent, les SPAC sont créés par des personnalités reconnues dans le monde du business et dont la notoriété suffit à lever de l’argent.

Les SPAC sont très populaires aux Etats-Unis depuis les années 2000. En Europe, ils se font une place dans le paysage boursier depuis seulement 2016 et l’introduction en Bourse de Mediawan, le SPAC de Capton, Niel et Pigasse. Fin avril 2020, Mustier, Tikehau et Financière Agache bouclaient la cotation de leur SPAC pour 500 millions d’euros, soit la plus importante levée en SPAC jusqu’à présent.

Alpha

L’alpha est une mesure permettant de comparer la performance d’un portefeuille à un indice de référence (de même univers d’investissement). Créée par Michael C. Jensen en 1968, cette mesure est fondée sur le modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF), modèle le plus célèbre et le plus utilisé malgré sa pertinence empirique discutable.

Sur une période donnée, l’alpha est positif si le portefeuille parvient à faire mieux que bêta multiplié par le marché. A l’inverse, l’alpha est négatif si la performance du portefeuille est inférieure à celle de bêta multiplié par le marché.

Dans le cadre d’une gestion (active) de fonds, l’alpha mesure la capacité du gérant à générer de la valeur par la mise en œuvre de sa stratégie d’investissement. C’est cette promesse de surpasser le marché que le porteur de parts de fonds paie à travers les frais de gestion.

Bêta

Le coefficient bêta est une mesure de volatilité ou de sensibilité d’un actif par rapport à son marché. Utilisé dans le modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF), il est un outil de mesure du risque d’un actif et donc un indicateur utile dans la mise en place d’une stratégie de diversification des risques.

Le bêta s’obtient à partir d’une régression linéaire entre la rentabilité de l’actif et la rentabilité de son marché. Il en ressort une corrélation entre l’actif et l’indice.

Par définition, le bêta du marché est égal à 1. Dans la pratique, sur les marchés d’actions, un titre ayant un bêta supérieur à 1 amplifie les variations de son marché de référence. A l’inverse, un titre ayant un bêta inférieur à 1 amortit les variations de son marché.

Vente à découvert

Sur les marchés d’actions, le mécanisme de vente à découvert permet de vendre une action non détenue. Cette dernière est ainsi empruntée à un porteur qui la détient contre une rémunération variable selon la demande en titres et un dépôt de garantie. L’espoir du vendeur à découvert est alors de pouvoir racheter l’action à un prix inférieur dans un avenir proche.

Le vendeur à découvert détient une position dite courte. A l’inverse de l’acheteur, il s’expose à des pertes potentiellement illimitées puisqu’un actif peut s’apprécier à l’infini alors qu’il ne peut pas se déprécier de plus de 100 % sur le marché au comptant sans levier.

Sur le marché français, la vente à découvert d’actions est possible à travers le service de règlement différé (SRD) qui permet aussi de bénéficier d’un effet de levier et de dénouer les opérations en fin de mois. Toutes les valeurs cotées en Bourse ne sont pas forcément éligibles au SRD.

La vente à découvert est souvent critiquée car elle revient à miser fondamentalement sur la décroissance de la société cible. Elle peut également être un outil de manipulation de cours, bien que ce soit strictement interdit. La vente à découvert présente toutefois deux intérêts. Le premier est qu’elle est un vecteur de liquidité sur le titre en Bourse. Le second est qu’elle sert d’avertisseur en cas de défiance à l’égard de la société, car il est possible de connaître la proportion de son capital qui est vendue à découvert.