Taux directeurs

Au sein d’un pays ou d’une union monétaire, la politique des taux directeurs est l’instrument principal des banques centrales pour influer sur le niveau d’inflation et l’octroi de crédits des banques commerciales aux entreprises et particuliers.

Il existe trois types de taux directeurs : le taux de refinancement, le taux de rémunération des dépôts et le taux du prêt marginal (en zone euro) ou d’escompte (aux Etats-Unis).

Le taux de refinancement est le taux d’intérêt auquel les banques commerciales peuvent emprunter des liquidités auprès de leur banque centrale. Il est l’outil principal de pilotage de la masse monétaire d’un pays ou d’une union monétaire. A marge d’intérêt constante, piloter le niveau de ce taux permet de stimuler plus ou moins la demande de crédits des ménages et des entreprises.

Le taux de rémunération des dépôts est le taux d’intérêt que sert une banque centrale aux banques commerciales de sa région (pays ou union monétaire) pour rémunérer leurs réserves obligatoires. Ces dernières représentent une partie bloquée de leurs liquidités. Les banques centrales peuvent agir sur ce taux pour inciter les banques commerciales à prêter plutôt que de laisser dormir l’argent disponible.

A la différence du taux de refinancement, le taux du prêt marginal (ou d’escompte) est le taux d’intérêt auquel les banques commerciales peuvent emprunter des liquidités à leur banque centrale en échange de garanties en leur possession (billets de trésorerie, certificats de dépôts, etc.)

Spéculation

La spéculation financière vise à réaliser des profits à court terme en pariant sur la hausse ou la baisse d’un actif financier. Une grande partie de la spéculation est réalisée sur des produits dérivés (ex : CFD, options, contrats Futures…) d’actifs réels (ex : actions, obligations…) qui permettent le recours à l’effet de levier. Depuis les années 2000, ces supports de spéculation se sont massivement développés grâce à la mondialisation et au progrès de la technologie.

La spéculation a très mauvaise réputation car elle nourrit à l’excès les bulles financières (marchés haussiers) et amplifie les déroutes boursières (marchés baissiers). Elle en est même parfois la cause. Cette activité est également dénoncée sur un plan moral, dans la mesure où elle procure des profits alors qu’elle n’est pas productive.

Un aspect plus positif de la spéculation est de fluidifier les échanges en favorisant l’augmentation du nombre de transactions. Elle apparaît ainsi comme un vecteur de liquidité et, dans ce cas, se révèle particulièrement utile à de nombreux acteurs (entreprises comme Etats) qui cherchent au quotidien des contreparties à l’achat comme à la vente.

Subordination de dettes

Pour se financer sur le marché obligataire, un émetteur assortit toujours son émission obligataire d’un ordre de priorité qui va déterminer le risque pris par le porteur obligataire (investisseur). Lorsque l’émetteur rencontre des difficultés au niveau de sa solvabilité, il est tenu de prioriser le remboursement de ses dettes en fonction de cet ordre de priorité qui comporte quatre niveaux, du risque le plus faible au plus élevé.

Pour l’investisseur, les obligations seniors sécurisées (1) sont les moins risquées car, le plus souvent, garanties par un ou plusieurs actifs de la société émettrice.

Les obligations seniors non-sécurisées (2) ne donnent droit à aucun privilège particulier sur les actifs de l’émetteur.

Les obligations subordonnées (3) ne sont remboursées que si les précédentes le sont avant.

De nombreuses clauses de subordination existent, plus elles sont rigoureuses plus cette dette se rapproche du capital en terme d’analyse financière. De fait, pour l’investisseur, plus le risque est élevé, plus son rendement est élevé : c’est la pure et simple illustration du couple rendement-risque.

Dividendes

Le dividende est le revenu que peut distribuer une action – une part d’une entreprise. Il peut être payé en nouvelles actions ou en espèces et en une ou plusieurs fois par an. Son montant résulte de la décision des actionnaires de l’entreprise qui découle, en premier lieu, de la capacité de l’entreprise à réaliser des profits.

Décider de verser un dividende ou non, élevé ou pas, dépend intimement de la politique d’investissement de l’entreprise. En distribuant un dividende, elle ne réinjecte pas le fruit d’une partie de ses bénéfices dans son exploitation, ce qui peut, à terme, amoindrir ses espérances de croissance.

Par ailleurs, pour l’actionnaire, il convient de garder à l’esprit que, hors fiscalité, la perception du dividende est neutre : elle ne l’enrichit pas, et ne fait que transformer en cash disponible une partie de sa plus ou moins-value latente sur l’action. En effet, quand une action détache son dividende, son cours de Bourse baisse exactement du montant détaché (payé en dividende), toutes choses étant égales par ailleurs.

Alors quel intérêt ? En général, la plus-value de cession d’une action et le revenu (dividende) qu’elle détache sont traités différemment sur le plan fiscal. L’intérêt d’un dividende – haut, bas, voire inexistant – est donc relatif à la situation fiscale de chaque actionnaire. De plus, une rémunération basée sur les dividendes permet la non dilution des parts des actionnaires dans le capital.

Marché primaire

Sur le marché des capitaux, les entreprises et les états en quête de financement passent par le marché primaire pour inviter les investisseurs à se porter acquéreurs (souscrire) de leurs titres.

Cette demande de financement prend la forme :

  • soit d’une introduction en Bourse ou d’une augmentation de capital : l’actif financier est alors l’action ;
  • soit d’un emprunt obligataire : l’actif financier est alors l’obligation.

Dans les deux cas, la phase de marché primaire permet de fixer les modalités du financement en fonction de l’appétit des investisseurs pour ces titres :

  • pour les actions : l’objectif  des émetteurs est d’en tirer un prix élevé ;
  • pour les obligations : l’objectif est d’en tirer un faible taux.

Une fois l’opération réussie, les titres nouvellement émis et détenus par les investisseurs en échange de capitaux basculent sur le marché secondaire où ils pourront être échangés d’un investisseur à un autre.

Effet de levier

L’effet de levier désigne l’utilisation de l’endettement – réalisé par le biais soit d’un emprunt soit de produits dérivés – dans le but d’augmenter la capacité d’investissement. Appliqué aux marchés des produits dérivés, l’effet de levier donne la possibilité à un investisseur de s’exposer à la variation d’un actif sous-jacent pour un montant supérieur à son capital investi. Il amplifie son exposition au sous-jacent dans l’espoir d’amplifier son retour sur investissement, à savoir ses profits.

Toutefois, l’effet de levier jouant dans les deux sens (à la hausse ou à la baisse), il peut également amplifier ses pertes. Ainsi, dans l’exemple d’un effet de levier égal à 2 (amplifie l’exposition par deux), une baisse du sous-jacent de 50 % fait perdre 100 % du capital à l’investisseur. En cas d’une baisse de plus de 50 % du sous-jacent, son investissement aura une valeur négative et l’investisseur sera donc est amené à couvrir la sa perte par un nouvel apport en capital.

Pour éviter d’en arriver à la nécessité de couvrir un apport trop important en cas de crise, les chambres de compensation (sur les marchés organisés) ou les courtiers (sur les marchés de gré à gré) appellent des marges (garanties) qu’ils actualisent en permanence au fil des fluctuations du sous-jacent des portefeuilles des porteurs (investisseurs).

La dégradation de la valorisation d’un portefeuille avec effet de levier amènera donc ces institutions à réaliser des appels de marge. En clair, elles sommeront les porteurs de céder une partie (ou la totalité) de leur position ou de combler la marge nécessaire par un nouvel apport en cash.

CFD

Un Contract For Difference (CFD) est un produit dérivé qui permet de profiter de la hausse comme de la baisse d’un sous-jacent.

A but principalement spéculatif, cet instrument s’échange sur les marchés de gré à gré : il n’est pas standardisé et sa flexibilité dépend de son market maker (teneur de marché ou garant des prix).

 Ce produit permet de profiter d’un effet de levier plus important que sur d’autres instruments dérivés tels que les contrats Futures.

De manière générale, la liquidité sur ce produit est assurée sur des plages horaires de cotation plus larges que sur les contrats Futures, eux-mêmes couverts sur des plages plus larges que les cotations au comptant (cash).

Les CFD permettent une gestion plus fine à travers la fragmentation de l’exposition de l’investisseur. Ainsi, les CFD s’adaptent aussi bien aux grands qu’aux petits portefeuilles. Enfin, contrairement à la plupart des produits dérivés, les CFD n’ont pas d’échéance.

OPA

Une OPA (offre publique d’achat) fait partie des opérations sur titres et se résume à une offre d’achat initiée par une personne morale ou physique sur l’ensemble des actions d’une société cotée en Bourse pour en prendre le contrôle.

Une OPA peut être lancée à tout moment par l’acquéreur potentiel, et devient obligatoire lorsque ce dernier franchit le seuil de 30 % de détention du capital de la société cible. L’acquéreur propose alors un prix d’achat des actions plus élevé que le cours de Bourse constaté avant l’OPA. Cet écart de prix est appelé la prime. Cette dernière vise à convaincre les actionnaires de la société cible de lui apporter leurs titres. Le règlement des titres apportés à l’OPA s’effectue en espèces, contrairement à une offre publique d’échange (OPE) qui consiste en un échange d’actions.

Il existe deux types d’OPA. Amicale, elle découle d’un arrangement entre l’acheteur et la cible. Hostile, elle surprend les actionnaires de la société cible qui s’efforceront d’empêcher la prise de contrôle.

Intérêts courus

Les intérêts (coupons) d’une obligation sont, dans la plupart des cas, payés à échéance fixe durant toute la vie de l’obligation suivant un échéancier de détachement des coupons connu d’avance.

Entre deux détachements de coupon, les intérêts se cumulent  : on dit qu’ils courent. Ces intérêts courus correspondent donc à la fraction des intérêts écoulés entre deux dates de paiement prévues. La cotation d’une obligation sur les marchés se fait sans prendre en compte le coupon couru : c’est ce que l’on appelle le pied de coupon.

Ainsi, lors d’une transaction, l’acheteur de l’obligation devra payer au vendeur le prix pied de coupon majoré du montant des intérêts courus.

Actions

Le capital de toute entreprise (cotée ou non cotée) est détenu par les actionnaires. Ce capital est divisé en parts, appelées actions. Une action correspond donc à la plus petite fraction de capital pouvant être détenue par un actionnaire.

Il existe deux types d’actions, ordinaires et de préférence, assortis de droits différents. Les détenteurs d’actions ordinaires, les plus courantes, disposent d’un droit à l’information, droit de vote en Assemblée générale et droit de percevoir des dividendes. Les détenteurs d’actions de préférence, quant à eux, bénéficient d’avantages financiers supplémentaires en cas de renoncement au droit de vote. Ces paramètres dépendent des statuts de l’entreprise.

La part du capital cotée en Bourse est appelée le capital flottant. Ce dernier se constitue de l’ensemble des actions en circulation sur le marché. Le prix d’une action est fonction de l’offre et de la demande des intervenants (investisseurs), comme dans tout marché. En détenant une ou plusieurs action(s), le détenteur est rémunéré par les dividendes si l’entreprise réalise des bénéfices et si la politique de distribution y est favorable. Le détenteur peut également espérer réaliser une plus-value sur son(ses) action(s) si l’entreprise prend de la valeur, ce qui se traduit par une hausse de la valeur des actions.