2019, une fin en apothéose

Après une fin d’année 2018 difficile, l’éclaircie s’est très vite manifestée en 2019. Dès le 4 janvier, elle s’est matérialisée par la prise de parole de Powell, le Président de la FED, et la baisse consécutive des taux directeurs de l’institution qui s’est répétée trois fois dans l’année.

Ces baisses ont clairement boosté l’année boursière 2019 qui s’est clôturée sur des dénouements et des indicateurs bienvenus. Entre les Etats-Unis et la Chine, bien qu’un accord final semble encore loin, le climat s’est apaisé grâce à des suspensions de droits de douane. Egalement, le moteur de l’emploi américain affichait, encore en décembre, une bonne tenue, favorisant la poursuite du cycle de croissance de l’économie américaine observé sur 125 mois consécutifs. Dans ce contexte, la procédure de destitution de Trump n’a pas perturbé les investisseurs, d’autant que sa probabilité d’échec est élevée. Au Royaume-Uni, les élections législatives ont renforcé le camp Johnson, et donc rassuré les investisseurs en leur offrant une meilleure visibilité sur le Brexit. En témoigne la montée plus prononcée de la Bourse britannique face à ses homologues européennes. Dans le reste de l’Europe, les risques se sont estompés dans les pays du Sud, notamment au Portugal et en Grèce. Ainsi, le marché grec s’est offert la palme d’or de la performance boursière mondiale de l’année. Quant à l’Allemagne, il convient de tempérer l’inquiétude suscitée par son ralentissement en rappelant que c’est un pays à la rigueur éprouvée et que ses outils budgétaires, non encore utilisés, sont aujourd’hui parmi les plus puissants de la zone euro.

Du côté des marchés obligataires, depuis l’été, les investisseurs intègrent peu à peu la forte probabilité de statu quo prolongé sur les taux directeurs de la BCE, favorisant par anticipation une légère remontée des taux longs. Cette dernière tendance est davantage perceptible sur les titres d’émetteurs souverains que sur les titres d’émetteurs privés. Enfin, le changement de tête à la présidence de l’institution n’a pas affecté la conviction de plus en plus forte qui se dégage du Conseil des gouverneurs: le relais de la relance doit se faire par les politiques budgétaires et non plus seulement (car les taux restent bas) par la politique monétaire.